Retirer de l'argent d'une assurance vie ne coûte jamais l'impôt que l'on croit. La raison tient à un mécanisme que la plupart des épargnants ignorent : seule la part de gains contenue dans le retrait est imposée, jamais le capital que vous avez versé. Sur un rachat de 20 000 € dans un contrat de 80 000 € alimenté par 60 000 € de primes, l'assiette taxable n'est pas de 20 000 €, elle est de 5 000 €.
Le simulateur ci-dessous applique le calcul officiel : prorata capital-gains, abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €, prélèvement forfaitaire de 7,5 % ou 12,8 % selon l'ancienneté et l'encours, et prélèvements sociaux de 17,2 %. Il compare aussi ce que vous percevriez avant et après le cap des huit ans.
Chaque retrait est réputé contenir la même proportion de capital et de gains que le contrat dans son ensemble. C'est le principe du prorata, posé par l'article 125-0 A du Code général des impôts.
Part de gains = Montant du rachat − (Total des primes versées × Montant du rachat ÷ Valeur du contrat)
Reprenons l'exemple. Vous rachetez 20 000 € sur un contrat qui vaut 80 000 € et dans lequel vous avez versé 60 000 €. Le rachat représente 25 % du contrat, il emporte donc 25 % du capital, soit 15 000 €, et 25 % des gains, soit 5 000 €. Seuls ces 5 000 € entrent dans l'assiette imposable.
Conséquence pratique souvent mal comprise : plus votre contrat est ancien et performant, plus la part de gains dans chaque retrait est élevée. Un contrat qui a doublé de valeur fait supporter 50 % de gains à chaque rachat.
Deux prélèvements se cumulent, et ils obéissent à des règles différentes. L'impôt sur le revenu dépend de l'ancienneté du contrat. Les prélèvements sociaux, eux, sont dus dans tous les cas, sans abattement, au taux de 17,2 %. L'assurance vie a été exclue de la hausse des prélèvements sociaux de 2026, qui ne vise que le PEA, le compte-titres et les dividendes.
| Situation du contrat | Impôt sur le revenu | Abattement annuel | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|---|
| Moins de 8 ans | 12,8 % (PFU) | aucun | 17,2 % |
| 8 ans et plus, encours de primes ≤ 150 000 € | 7,5 % | 4 600 € seul, 9 200 € en couple | 17,2 % |
| 8 ans et plus, fraction au-delà de 150 000 € | 12,8 % | 4 600 € seul, 9 200 € en couple | 17,2 % |
Le seuil de 150 000 € s'apprécie sur l'ensemble des primes que vous avez versées depuis le 27 septembre 2017, tous contrats confondus. Les primes versées avant cette date conservent l'ancien régime, avec un prélèvement libératoire de 7,5 % après huit ans sans condition d'encours.
Sur notre exemple, un rachat de 20 000 € laisse 18 500 € nets avant huit ans et 19 110 € nets après, soit 610 € d'écart. Le taux de prélèvement effectif passe de 7,50 % à 4,45 % du montant racheté.
L'écart paraît modeste parce que les gains sont faibles dans cet exemple. Sur un contrat de 400 000 € abondé de 250 000 € de primes, un rachat de 100 000 € porte 37 500 € de gains : l'abattement et le taux réduit deviennent alors nettement plus rentables.
Le rachat partiel laisse le contrat vivant. Vous conservez son antériorité fiscale, vous pouvez continuer à verser, et l'abattement annuel se reconstitue chaque 1er janvier. Le rachat total ferme le contrat : l'ancienneté est perdue définitivement, et rouvrir un contrat repart de zéro pour huit ans.
La règle qui en découle est simple. Ne clôturez jamais un contrat de plus de huit ans si vous n'avez pas besoin de la totalité de la somme. Un rachat partiel laissant quelques centaines d'euros suffit à préserver l'antériorité.
Deuxième réflexe utile : si votre rachat génère des gains supérieurs à l'abattement annuel, étalez-le sur deux années civiles. Un retrait effectué fin décembre puis début janvier mobilise deux fois l'abattement, soit 9 200 € de gains exonérés d'impôt sur le revenu pour une personne seule, 18 400 € pour un couple.
L'assureur dispose légalement de deux mois à compter de la réception du dossier complet pour verser les fonds, en application de l'article L132-21 du Code des assurances. Au-delà, des intérêts de retard courent automatiquement. En pratique, la plupart des contrats en ligne versent sous huit à quinze jours, les contrats bancaires sous trois à quatre semaines.
Le dossier comprend généralement la demande de rachat signée, une pièce d'identité en cours de validité et un relevé d'identité bancaire. Un dossier incomplet fait repartir le délai à zéro : c'est la première cause de retard.
Oui. Contrairement à une idée répandue, l'assurance vie n'est jamais bloquée. Vous pouvez demander un rachat partiel ou total à n'importe quel moment, sans justification et sans pénalité contractuelle dans la quasi-totalité des contrats. Les huit ans ne sont pas une durée de blocage, seulement un seuil fiscal.
Il porte uniquement sur la part de gains contenue dans le retrait. Avant huit ans, 12,8 % d'impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Après huit ans, un abattement de 4 600 € ou 9 200 € s'applique sur les gains, puis 7,5 % au-delà, les prélèvements sociaux restant dus sur la totalité.
Multipliez le total de vos primes versées par le rapport entre le montant du rachat et la valeur du contrat : vous obtenez la part de capital. Le solde correspond aux gains imposables. Le simulateur ci-dessus effectue ce calcul et y applique le régime fiscal correspondant à votre situation.
Oui. L'assureur prélève l'impôt à la source et vous adresse un imprimé fiscal unique, mais les montants doivent être reportés sur votre déclaration de revenus. Si votre revenu fiscal de référence est modeste, vous pouvez demander une dispense de prélèvement forfaitaire avant le 30 novembre de l'année précédente.
Oui, et définitivement. Un contrat clôturé ne se réactive pas. Si vous avez besoin de la quasi-totalité des fonds, laissez malgré tout une somme symbolique sur le contrat : vous conservez ainsi son ancienneté pour vos versements futurs.
L'avance est un prêt consenti par l'assureur, généralement à un taux proche du rendement du fonds en euros, remboursable sous trois ans. Elle n'entraîne aucune fiscalité et ne touche pas à l'antériorité. Pour un besoin de trésorerie court, elle est souvent préférable à un rachat, surtout si le contrat a moins de huit ans.
Ce simulateur traite le retrait. Si votre question porte sur les démarches de sortie ou la fermeture du contrat, notre guide sur clôturer une assurance vie détaille la procédure, les délais et les pièces à fournir. Pour projeter la valeur future d'un contrat, utilisez le simulateur d'assurance vie.
Ce simulateur donne une estimation à titre indicatif, sur la base des règles fiscales en vigueur en 2026. Il ne remplace pas une étude personnalisée, notamment si votre contrat comporte des primes antérieures au 27 septembre 2017 ou si vous envisagez une sortie en rente.
À votre écoute