Acheter des parts de SCPI à crédit repose sur un principe simple : les loyers versés par la société de gestion remboursent une partie de la mensualité, et vous complétez la différence. Cette différence, c'est votre effort d'épargne. Elle est souvent plus faible que ce que les investisseurs imaginent, parce que les intérêts d'emprunt viennent en déduction des revenus fonciers imposables.
Ce simulateur calcule votre mensualité, les loyers perçus, l'impôt réellement dû une fois les intérêts déduits, et le capital dont vous disposez une fois le crédit soldé.
Vous empruntez pour acheter des parts de SCPI. La société de gestion vous verse des loyers, généralement chaque trimestre, qui viennent couvrir une partie de la mensualité. Vous complétez le reste sur vos revenus. À l'échéance du crédit, vous détenez la totalité des parts, financées en grande partie par les locataires des immeubles détenus par la SCPI.
Le levier joue tant que le taux de distribution de la SCPI reste supérieur au coût du crédit. Avec une SCPI qui distribue 5,5 % et un emprunt à 3,5 %, chaque euro emprunté travaille pour vous. L'écart entre les deux taux constitue votre marge, et c'est elle qui finance l'essentiel de l'opération. Si le taux de crédit passe au-dessus du rendement, le levier s'inverse : l'opération reste possible mais elle repose alors uniquement sur la revalorisation des parts et sur l'avantage fiscal.
C'est le point que la plupart des simulateurs ignorent. Les loyers de SCPI sont imposés comme des revenus fonciers, donc à votre tranche marginale plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Mais les intérêts d'emprunt sont déductibles de ces mêmes revenus fonciers. Les premières années, quand les intérêts sont à leur maximum, l'impôt dû est souvent nul.
Concrètement, pour 100 000 € empruntés sur 20 ans à 3,5 %, les intérêts représentent environ 39 000 € sur la durée. Autant de revenus fonciers qui échappent à l'imposition. Pour un contribuable dans la tranche à 30 %, l'économie d'impôt dépasse 18 000 €, prélèvements sociaux compris. Le simulateur ci-dessus intègre ce mécanisme année par année, y compris le report du déficit lorsque les intérêts dépassent les loyers.
Sur le scénario ci-dessus, la mensualité s'établit à environ 580 €. Les loyers nets d'impôt apportent en moyenne 344 € par mois. Votre effort d'épargne réel tourne donc autour de 236 € mensuels. Au terme des vingt ans, vous détenez près de 122 000 € de parts pour un effort total d'environ 57 000 €. C'est ce différentiel qui fait l'intérêt de l'opération, bien davantage que le rendement affiché de la SCPI.
Le crédit SCPI est un crédit immobilier classique, mais toutes les banques ne le pratiquent pas et les conditions varient fortement d'un établissement à l'autre. Deux paramètres déterminent l'équilibre de l'opération : le taux et la durée.
Allonger la durée réduit la mensualité et donc l'effort d'épargne, mais augmente le coût total du crédit. Le raisonnement n'est pas le même que pour une résidence principale : ici, les intérêts supplémentaires sont partiellement compensés par la déduction fiscale qu'ils ouvrent. Un emprunt sur 25 ans reste donc souvent pertinent pour un contribuable fortement imposé, alors qu'il serait discutable pour quelqu'un non imposable. Modifiez la durée dans le simulateur en gardant les autres paramètres constants : vous verrez l'effort mensuel baisser et l'enrichissement net se déplacer.
Beaucoup de banques financent les SCPI à 100 %, sans apport. Emprunter la totalité maximise l'effet de levier et la déduction des intérêts, au prix d'un effort mensuel plus élevé. L'assurance emprunteur n'est pas intégrée au simulateur : comptez généralement entre 0,10 % et 0,40 % du capital emprunté par an selon votre âge et votre état de santé, et ajoutez-la à la mensualité obtenue. Une délégation d'assurance permet souvent de diviser ce coût.
Les loyers distribués par une SCPI française sont des revenus fonciers. Ils s'ajoutent à vos autres revenus et supportent votre tranche marginale d'imposition majorée de 17,2 % de prélèvements sociaux. Un contribuable à 30 % subit donc une ponction de 47,2 % sur la part imposable, un contribuable à 41 % monte à 58,2 %. C'est élevé, et c'est précisément ce que la déduction des intérêts vient atténuer pendant toute la durée du crédit.
Lorsque les intérêts d'une année dépassent les loyers perçus, l'excédent constitue un déficit foncier. Il n'est pas perdu : il s'impute sur vos autres revenus fonciers de la même année, et le solde se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Le simulateur reproduit ce report, ce qui explique qu'un impôt nul les premières années se traduise par une imposition décalée plutôt que supprimée.
Les SCPI investies hors de France suivent les conventions fiscales bilatérales. Les loyers sont imposés dans le pays où se situent les immeubles, puis neutralisés en France par un crédit d'impôt ou un taux effectif, et surtout ils échappent aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour un investisseur fortement imposé, l'écart de rendement net avec une SCPI française peut dépasser un point. Ce simulateur applique le régime français : pour une SCPI européenne, saisissez une tranche marginale plus faible afin d'approcher la fiscalité réelle.
Les deux montages répondent à des situations opposées. Le crédit convient à celui qui dispose d'une capacité d'épargne mensuelle mais de peu de capital, et qui accepte de percevoir des revenus imposables. Le démembrement convient à l'inverse : un capital disponible, aucun besoin de revenus immédiats, et la volonté d'éviter toute imposition pendant la durée du démembrement. Vous pouvez comparer les deux avec nos simulateurs, ou en parler avec un conseiller si votre situation mélange les deux logiques.
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